Réussir à gérer son trac

Le trac et son appréhension constitue en soi un phénomène redouté en prise de parole en public. S’il est possible d’abaisser le niveau de trac, s’en débarrasser totalement est en revanche beaucoup plus compliqué. Les grands artistes qu’ils soient comédiens, chanteurs… ressentent ce sentiment même après de longues années de carrière. Le trac fait partie intégrante de la performance scénique et la gestion du stress est un réel apprentissage à part entière.

Ne vous y trompez pas, cette énergie bien orientée peut aussi constituer une excellente alliée pour vos futures prises de parole.

L’absence totale de stress ne serait même pas souhaitable. En effet, sans tensions aucune poussant à l’action, sans mobilisation de notre énergie, nos prestations risquent hélas d’être de piètre qualité.

Quels sont les différents types de tracs ?

Il existe deux types de tracs :

  • Le trac adaptatif: il correspond à la réaction de notre corps face à une situation considérée comme dangereuse. Cette adaptation physiologique de notre organisme est tout à fait naturelle voire même souhaitable. Elle nous permet d’affronter directement nos problèmes ou encore d’avoir le niveau d’adrénaline nécessaire pour réaliser une prise de parole en public réussie. Il s’agit de ce que l’on appelle le « bon stress ».
  • Le trac paralysant ou encore maladif: il peut être source de paralysie et d’inhibitions. Dans la vie courante, il s’agira de comportements qui peuvent faire abstraction des problèmes rencontrés ou tenter de les éviter. En prise de parole en public, cela peut se traduire par le fait de se laisser totalement déstabiliser par le stress voire de ne pas être capable de prononcer un mot lors d’une intervention orale.

Ce que nous allons essayer de faire est principalement de réduire le niveau de stress voire de ré-orienter cette énergie.

Pourquoi a-t-on le trac ?

Comme nous l’avons vu précédemment, le trac ne provient pas d’une intention négative, bien au contraire il s’agit d’une réponse naturelle du corps humain face à une menace liée à l’environnement.

Le cerveau perçoit que parler en public devant une assemblée de personnes que nous ne connaissons pas peut être une expérience traumatisante. Il vit la situation comme un danger immédiat et réalise les adaptations qui lui semblent nécessaires.

Conséquences du trac

Cette réaction est normale et même vitale, raison pour laquelle elle se retrouve chez les animaux.

Si un zèbre voit un lion s’approcher de lui pour le tuer, son cerveau va réagir rapidement à cette situation critique ! Des neuro-transmetteurs seront sécrétés. Les taux d’adrénaline et de catécholamines augmentent.

En effet, les deux options que nous avons, la fuite comme le combat nécessitent un effort musculaire important, une mobilisation d’énergie supportée par tout le corps.

En conséquence, les fonctions qui ne sont pas immédiatement vitales sont ralenties voire stoppées. Cela peut être le cas de la digestion par exemple. 

Comme notre organisme aura besoin de d’avantage d’énergie, il lui sera nécessaire d’avoir aussi plus d’oxygène. Ainsi, les rythmes respiratoire et cardiaque s’accélèrent, on se met à haleter, la température corporelle augmente.

En bref, vous retrouvez la plupart des symptômes que vous pouvez expérimenter dans une situation particulièrement stressante !

Dans une situation de prise de parole en public

Dans une situation concrète de prise de parole en public, l’alternative fuite/combat sera également observable :

  • La fuite se traduira généralement par une accélération du débit, un regard qui peut être parfois fuyant ou encore une posture corporelle qui aura tendance à se refermer voire à s’orienter de manière anticipée vers la sortie !
  • Le combat : cela peut se traduire par un énervement, une volonté de supériorité… Une sur-affirmation de soi en somme

Quelles solutions pour lutter contre le stress ?

Deux voies principales existent: 

1- Des solutions ayant trait au physique et aux sensations : notre attitude corporelle influence nos états émotionnels, nous pouvons dès lors: 

  • Agir sur les symptômes du stress : ralentir sa respiration et adopter une respiration basse, ouvrir notre posture notamment le plexus solaire…
  • Se recentrer sur ses sensations purement physiques : Nous allons prendre 2-3 signaux ancrés dans le monde physique. Il peut s’agir d’un élément de la pièce, du regard d’une personne… Comme il n’est pas possible pour notre mental de se concentrer sur plusieurs choses à la fois, cela nous permettra d’éviter de se laisser parasiter par des schémas de pensée négatifs du type : « je ne suis pas sûr d’y arriver », « pourquoi ai-je dis cela »… Le flux de la pensée compulsive sera stoppé par le retour à la sensation.

2- Des solutions qui vont agir sur la dimension psychologique :

  • La réalisation d’un travail introspectif qui permettra d’identifier très précisément les causes possibles du trac (vision du public, …). Cela passe également par la transformation de notre vision de la situation à venir: peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas intéresser l’auditoire, d’être jugé par le public…
  • Des exercices de visualisation d’une future prise de parole en public de manière positive. Le cerveau ne fait pas la distinction entre un état fictif et réel, il sera donc possible de lui faire vivre cette situation positive comme s’il y était et de poser une ancre (mécanisme d’ancrage). Le fait d’avoir déjà vécu cette situation nous permettra de réduire le niveau de stress
  • Se mettre en empathie avec son public: considérer le point de vue de son public a un grand avantage, il permet de se décentrer de soi-même. Plutôt que d’être focalisé sur votre stress à vous, pourquoi ne pas essayer de mieux comprendre votre public: ses attentes, son ressenti, ses réactions…

Et vous? Comment gérez-vous votre trac? Quelles solutions avez-vous mises en place?

Vous souhaitez apprendre à gérer votre stress lors de vos prises de parole, n’hésitez pas à nous contacter

Laura BALLO

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